samedi 21 avril 2007

Pour faire glisser

le (long et indigeste) post précédent, voici un peu d'humour british grâce à cette pub pour Virgin Atlantic:

L'heure du choix

Depuis un mois je sais « à peu près » pour qui je vais voter. « A peu près » car il n’y a pas un candidat en particulier qui m’ait donné une envie irrémédiable de voter pour lui ; aussi les lectures et discussions que j’ai pu avoir ces dernières semaines n’ont pas été inutiles pour confirmer cette tendance initiale et arrêter mon choix.
Si cette élection est cruciale, paradoxalement, je suis assez détaché pour ne pas dire assez résigné par rapport à ce qui va en résulter. En fait, quel que soit le vainqueur, je crains qu’une fois de plus le pouvoir politique et le peuple dans son ensemble ne soient pas à la hauteur des enjeux. Car après avoir retardé des années durant des réformes indispensables à l’avenir de notre pays et au maintien de certaines de ses spécificités, je suis peu convaincu que cette élection va réellement changer la donne et déclencher l’électrochoc nécessaire; la faute à une classe politique qui manque de courage et de vision et à un peuple qui est assez rétif à la réforme, surtout quand il est concerné par cette dernière dans son individualité. Dommage, car d’autres pays dans des situations comparables ont su faire leur aggiornamento ; mais on croit souvent en France qu’on peut réussir là où le reste du monde a échoué (le caractère gaulois sans doute), en oubliant en plus qu’à l’époque de la mondialisation on ne maîtrise plus notre destin que très partiellement. Et en dépit du renouvellement de génération et d’une certaine évolution dans les discours, cette campagne aura encore été souvent menée par le petit bout de la lorgnette, laissant trop de places à l’image, aux petites phrases et à la démagogie, et probablement ensuite à de nombreux espoirs déçus, et donc à une frustration qui fera le jeu des extrêmes.
Ma tiédeur tient également à l’état de mes convictions: je ne me reconnais que peu dans le clivage classique gauche-droite et je suis assez fatigué par cette vision manichéenne que chaque camp à de l’autre. Aux niveaux locaux, il est parfois difficile de distinguer une politique d’un exécutif tenu par la gauche d’un exécutif tenu par la droite, quand gauche et droite ne pratiquent pas la cogestion. Alors pourquoi au niveau national, faudrait il encore voir s’affronter les vieux schémas d’antan, à l’heure où il y a un consensus sur les problèmes voire sur certaines solutions (mais qu’on n’osent pas afficher publiquement) et qu’aucun camp ne détient la solution miracle. Et pourquoi notre voisin allemand peut-il former une coalition quand nous en serions incapable ?
Si 5 ans en arrière, je clamais dans tous mes entretiens que la question n’était pas de savoir si je ferais de la politique mais quand, aujourd’hui je doute beaucoup plus de mon engagement futur; j’aurais probablement du mal à me sentir à l’aise dans un parti, moi qui aime tant jouir d’une liberté de choix et de paroles. Dés lors, je me demande si délégué de classe ne restera pas la seule fonction élective que j’aurai exercé au cours de ma vie…D’où aussi un certain respect pour ceux qui s’engagent et militent, en espérant juste qu’ils conservent intact leur sens critique.

Pour en revenir à la matrice de mes convictions, ce sont sans doute les aspects économiques qui me paraissent les plus primordiaux (je ne renie pas pour autant e social mais celui-ci va pour moi de pair avec l’économique). Sans doute le fait d’avoir fait des études d’économies m’incite à avoir une approche que je qualifierai de « réaliste » (et qui paraîtra froide à certains), privilégiant les chiffres, la rigueur et une certaine orthodoxie budgétaire donc assez dépassionnée. Là ou d’autres croient pouvoir changer le monde, la société, les principes qui nous guident, en oubliant un peu trop à mon goût les échecs cuisants des quelques tentatives menées (de Lénine à Cuba)et la réalité de la nature humaine (il y a toujours des gens qui veulent être forts et riches), je suis beaucoup plus modéré pour ne pas dire résolu : la mondialisation, l’interdépendance des économies et le pouvoir des acteurs économiques font qu’un gouvernement n’est maître que partiellement du destin d’un pays ; comme Jospin l’avait dit « l’Etat ne peut pas tout ». De plus, le système capitaliste étant le seul qui marche, certes de manière imparfaite, comment certains peuvent ils en faire un gros mot, la cause de tous nos maux ? Sans doute, la mauvaise foi ou la conséquence d’une sous culture économique (à quand l’économie un enseignement obligatoire au lycée, comme la physique-chimie par ex. ?).
Pour autant, je n’en oublie pas que la politique doit aussi avoir une composante, un but social. Simplement la marge de manœuvre dépend en partie de critères comptables (à commencer par le fait d’avoir des budgets équilibrés, élément qu’on a oublié depuis longtemps) et puis la redistribution et la lutte contre les inégalités ne doivent pas décourager les initiatives indivuelles ni conduire à une égalité par le bas. Aussi, si dans l’absolu, je souhaiterais que l’on ait une politique sociale généreuse et ambitieuse, en pratique aujourd’hui, l’Etat Providence a en partie vécu. Dés lors, des réformes s’imposent et des sacrifices – ou plutôt des efforts partagés – le cas échéant. Pour autant je ne pense pas qu’il faille remettre en cause le « modèle français » ; lutter contre la gabegie nous redonnera déjà des marges de manoeuvre.
Quant aux questions dites « de société », elles peuvent être importantes mais ne me paraissent pas nécessairement primordiales et surtout ne sont plus un réel élément de clivage politique.
Mon approche est aussi peut être celle de quelqu’un de (relativement) privilégié, qui n’a pas (eu) à se plaindre, et n’a pas peur pour son avenir. Mais cela ne fait pas non plus de moi un égoïste, insensible à la détresse humaine et à la misère. Par contre, c’est clair, je ne crois pas aux utopies, du moins en politique, ni aux révolutions.

Dés lors, mes choix sur l’échiquier politique vont forcément vers les partis de gouvernement, les « modérés » : UMP, UDF, PS voire les Verts (pour une partie de leur programme). Mais une fois encore, je ne trouve que l’un plus que l’autre soit porteur de la seule parole digne d’intérêt, et du programme qui va avec. Le PS n’a pas encore choisi définitivement la voie de la modernité (pourtant adoptée par ses homologues européens) et l’UMP me semble souvent d’inspiration trop libérale (encore qu’il y ait de nombreuses composantes). Donc je serai plutôt centriste, non par indécision mais parce que il y a des choses à prendre dans les 2 camps et en étant plutôt modéré dans l’approche idéologique.
La cuvée 2007 a apporté du renouveau : une candidate socialiste qui casse un peu les lignes établies et un candidat UMP qui prône la rupture. Le problème c’est qu’après des mois de campagne, ni l’un ni l’autre, tout comme leurs partis, ne m’ont convaincu.

Sarko a beaucoup navigué, promis (et donc menti) et je doute fortement de sa volonté et de ses capacités à réformer (une fois au pouvoir la rupture deviendrait elle paroles, paroles… ?). De plus le personnage m’est de plus en plus déplaisant, notamment via ses dernières déclarations sur le déterminisme et ses clins d’œil aux extrêmes; le côté dynamique et moderne à laissé place à l’agitation, l’impatience voire la provocation et je ne suis pas sûr qu’un président doive avoir ces traits de caractère.

Quant à Ségolène, elle est pour moi restée très floue sur des réformes essentielles, qu’elle a osé qualifier de « techniques », préférant parler de choses essentielles et pas du tout émotionnelles, tels les crimes sexuels cette semaine…Du coup, je ne vois pas de ligne claire chez elle et je déteste sa manière souvent désinvolte de ne pas traiter certains sujets clés (ça fait d’ailleurs pas très bravitude comme attitude…) et d’oser dire « mon programme, c’est vous ». Comment fera t’elle une fois au pouvoir ? J’aurais trouvé bien qu’une femme devienne présidente mais ça n’en fait pas un argument de campagne.

Reste donc François Bayrou, qui manque selon moi cruellement de charisme et souffre sans doute – mais comme tout les politiques de premier plan (une condition sine qua non ?)- d’un égo quelque peu surdimensionné. Sans compter que son passage au Ministère de l’Education en a fait un modèle d’immobilisme. Mais au vu de son programme et de son approche, c’est celui dont je me sens le plus proche : moins de promesses inconsidérées, quelques mesures intéressantes, une relative modération idéologique dans les solutions (donc un équilibre relatif entre interventionnisme et libéralisme) et surtout cette volonté de dépasser ce clivage – plus ou moins artificiel – droite/gauche. Alors oui la question de la majorité de gouvernement peut se poser, tout comme je ne suis pas convaincu de sa volonté et capacité à mener à bien la réforme des retraites, de l’assurance maladie, la maîtrise des déficits publics (tout comme je ne le suis pas de ses adversaires)…mais pourquoi ne pas tenter ? Il est historiquement à droite mais en même temps n’est pas fermé à une alliance avec la gauche réformiste. Sans compter que mener à bien ces quelques réformes essentielles me semble subordonné à l’existence d’un certain consensus politique donc qui dépasse l’affrontement majorité – opposition (sinon c’est manifestations assurées et donc retrait du projet). Et puis l’UDF a toujours été pro-européenne et l’Europe c’est quand même une partie de notre avenir et salut (tandis qu’au PS et à l’UMP, il y a des « nonistes » ou des européens mous).

Et pour le second tour…on va d'abord attendre les résultats du premier, hein !

jeudi 19 avril 2007

La Soeur du Grec

Hier soir, retour à une bonne habitude parisienne : la soirée théâtre. Ce qui est appréciable et que l’on ne trouve pas en province, c’est l’ampleur et la variété de la programmation proposée. Et à 10€ la place pour les moins de 26 ans, on peut se permettre d’y aller les yeux fermés ou presque. En plus, perso je suis rarement déçu.

Muni de l’indispensable Pariscope, on opte – parmi la bonne vingtaine au moins de pièces qui nous tentent –, pour un spectacle à la Comédie de Paris…mais qui n’est plus à l’affiche depuis quelques jours…(Ne pas croire tout ce qui est écrit dans Pariscope !). Il est 21h05; il nous reste donc 25 min pour essayer d’attraper une des rares pièces qui se joue à 21h30, en évitant si possible de se payer la traversée de Paris si on veut avoir une chance d’arriver à temps.
Après un sprint dans le métro, on arrive in extremis au Splendid pour La Sœur du Grec, pièce que j’avais déjà vue l’année dernière mais dont je ne me souvenais plus vraiment (et puis ç’était la seule possibilité jouable vu l’heure).

Sans raconter l’histoire, le synopsis donne à peu près ça : le rideau se lève sur un couple de parisiens qui s’apprête à passer la soirée de la St Sylvestre dans une appartement de location d'une station de ski. Tout irai pour le mieux – encore que – si ne s’avisaient pas de débarquer un ami psy au bord de la dépression, un couple de provinciaux qui prétend avoir loué le même appartement et si une maîtresse ne menaçaient pas de débarquer.
Le spectateur se voit donc offrir une succession de quiproquos et de situations ubuesques ou burlesques, le tout sur un rythme enlevé du début à la fin. Et comme les répliques font souvent mouches, que la mise en scène est joyeuse et dynamique et que les acteurs sont convaincaints dans leurs rôles, on rit beaucoup. Particulièrement amusante est la rencontre entre les 2 milieux trés différents que sont la province profonde et le snobisme parisien (grâce à qui j'ai notamment appris une nouvelle expression: doréanavant je ne dirai plus "c'est tiré par les cheveux" mais "c’est capillotracté"…). Et dans un ultime rebondissement, on comprends enfin le titre La Soeur du Grec, qui n'a aucun rapport avec les 99% de la pièce.
Bref, une excellente soirée. Vivement la semaine prochaine !

mercredi 18 avril 2007

Petit bonhomme deviendra grand ?

La préparation d'un anniversaire m'a conduit à effectuer l'autre jour une plongée dans les albums de famille. A la vue de ces photos que j'avais pour beaucoup complètement oublié, les souvenirs sont remontés à la surface. Et je dois dire qu'au moment de me glisser sous ma couette le soir venu, j'en étais encore quelque peu troublé. En fait, ce flashback m'a ramené vers ce petit bonhomme que j'étais et qui ne m'a pas complètement quitté; l'occasion de voir que le temps passe et aussi de confronter la réalité d'aujourd'hui à ce qu'il était, aux rêves qui étaient les siens, dans un moment d'introspection parfois propice au doute et aux contradictions: par moment le petit bonhomme semblerait presque retourner dans cette enfance alors qu'au quotidien il fait tout ou quasiment comme un adulte ou pour pouvoir se dire comme tel.
Car il a bien grandit. Il a 23 ans, bientôt 24, et un début de vie tracé devant lui (du moins le croit il) dont il est globalement satisfait. Si petit bonhomme est encore, dans l'absolu, étudiant pour quelques mois, en pratique il est déjà dans la vie active depuis un moment Il vit chez lui ou plutot quelque part car il change de résidence tous les 6 mois ou presque. Il a bientôt un diplôme, un projet qu'il mûri depuis longtemps, quelques expériences.
Néanmoins, après avoir longtemps eu une route toute droite, il est moins rempli de certitudes quant à ses envies, ses besoins. Face aux interrogations, aux doutes, qui en découlent de temps en temps, il regrette parfois l'insouciance de son enfance, quand il ne se posait pas tant de questions et qu'il n'avait pas besoin d'affronter des dilemnes importants. Mais, dans sa contradiction, il savoure aussi cette possibilité de pouvoir mener sa barque comme il l'entend, en (quasi) toute liberté et indépendance et n'est pas inquiet pour l'avenir.
Il y a quelques années, petit bonhomme imaginait grosso modo qu'à 24 ans il serait presque marié et père de famille; pourtant, aujourd'hui, il en est loin et surtout il n'a pas envie de se presser. Profiter encore de sa jeunesse, de sa liberté, prendre le temps de s'installer dans la vie, rencontrer "la" personne avec qui il aura envie de partager un bout de chemin, si possible tout le chemin, voilà plutôt ses perspectives.
Mais si les années passent, certaines habitudes restent et inquiètent parfois petit bonhomme sur sa capacité à grandir, à assumer son âge, ses responsabilités, ses choix. Ainsi, il est loin d'avoir renoncé à certains plaisirs de son enfance: les berlingots de lait concentré, la cuillère que l'on trempe dans le pot de Nutella et qui file directement dans le gosier; de même il a beaucoup de mal à renoncer à son goûter, voire à son "1O heures". Il rit (presque) toujours autant des blagues qu'il faisait il y a bien longtemps, il aime retomber sur des émissions ou des chansons de ces années. Souvent, il tente aussi de cacher ses émotions pour paraître comme un adulte et quand il n'y parvient pas, il se sent un peu honteux. Et puis au fond de lui, il aime bien parfois être le benjamin parmi ses collègues, se faire appeler "le petit". Et en même temps, pas question pour lui de renoncer à affirmer/imposer ses volontés en raison de son jeune âge.

En fait petit bonhomme est sans doute devenu grand et en apprécie les nombreux avantages mais de temps en temps il aimerait pouvoir redevenir petit, juste pour pouvoir continuer à profiter de ces choses qu'il n'ose plus ou culpabilise de faire maintenant qu'il est devenu un Homme, parce que (il parait que) ça le fait pas.
Heureusement, l'essentiel c'est que 22 ans après petit bonhomme a encore cette curiosité, cette envie d'aller de l'avant et ce sourire espiègle qu'il avait sur cette photo (euh, beaucoup moins le côté exhib et la cellulite sur les fesses par contre...).

American experience: welcome to the (un)real world

En apprenant la nouvelle de la fusillade survenue hier sur le campus de Virginia Tech, je n’ai pu m’empêcher de penser au ressenti qui était le mien lorsque j’étais étudiant dans une université américaine. Comme l’expérience remonte à il y a quelques mois à peine (fin été 06 – début hiver 07), les souvenirs sont encore fortement présents. D’ailleurs, dorénavant, je reviendrai probablement régulièrement sur ce blog sur quelques moments ou anecdotes qui ont jalonné mon séjour.

Mais revenons à ce massacre. L’absurdité de ce second amendement qui garantit aux citoyens américains le droit de porter une arme est une fois de plus démontrée par ce coup de folie. Pourtant ce droit demeure et il semble qu’une majorité – écrasante ? – d’américains soient pour. Dans Bowling for Columbine, Michael Moore montrait cette gun culture qui nous paraît si étrange vue d’ici. Je me souviens notamment de cet adolescent qui devait avoir mon âge et ne comprenait pas en quoi avoir fabriquer quelques litres de napalm « pour s’amuser » pouvait être problématique. C’en était surréaliste…

Durant mes quelques mois passés outre-atlantique, il y a eu 2 ou 3 tueries dans des établissements scolaires, heureusement moins dramatiques en nombre de victimes. Systématiquement, une sorte de peur – ou du moins d’appréhension – m’envahissait quand j’apprenais la nouvelle, comme si je sentais que je pouvais à mon tour être confronté à tout moment à la folie destructrice d’un individu dans ce pays où avoir une arme est monnaie courante.
Habituellement, je ne verse pas dans la paranoïa tout comme je ne suis pas du genre à me sentir en insécurité lorsque je déambule quelque part, fut ce à 4h du matin et dans des rues désertes. Au contraire, ce sont des moments que j’apprécie, voire que je recherche. Mais durant mon séjour chez l’oncle Sam, je me suis senti moins libre dans mes déambulations nocturnes, du moins dans la ville où j’étais. Il ne m’est certes rien arrivé mais le doute voire le malaise m’ont fait adopter une certaine prudence, assez inhabituelle par rapport au comportement que j’ai en France (ou même dans d’autres pays que j’ai visité).

En fait, dés mon arrivée, le ton était donné : des rues désertes un dimanche soir en plein moins d’août dans ce qui est censé être le cœur de la ville, ça jette un trouble ; surtout quand les 3 personnes que vous croisez ont l’air louches et que la seule vie que vous percevez provient d’un flic arrêtant un type à la mine patibulaire. Très vite, j’ai d’ailleurs pu vérifier que personne ou presque ne marchait dans les rues une fois la nuit tombée comme si l’on risquait un guet-apens à tout instant.
Comme pour accréditer cette ambiance pesante, la visite de l’université et de son environnement m’a confirmé qu’on était peut être pas au pays des Bisounours : ainsi notre université disposait de sa propre police chargée de veiller à la sécurité des élèves et des abords du campus. Et toutes les rues étaient équipées, à raison d’une unité tout les 50m, d’emergency box, autrement dit un poste de téléphone permettant d’appeler le shérif en cas d’agression.
Tout ceci me faisait plutôt rigoler jusqu’à ce que 2 étudiants étrangers se fassent agresser en plein jour et finissent en soins intensifs tandis que quelques jours plus tard, dans la résidence universitaire, un autre étudiant se faisait tirer dessus par un de ses « amis » qui aurait tenté de le racketter. Alors que la presse locale s’emparait de ces affaires, la direction de l’Université tentait de reprendre les choses en main et diffusait notamment son Security Report 2005 où l’on avait le compte des agressions aux armes à feu, armes blanches, etc…qui s’étaient produites au sein même du campus ; pas très rassurant. Pour le coup, on se dit que les films et fictions américains peuvent aussi ne pas nécessairement exagérer la réalité. Aussi je pouvais comprendre que des étudiants demandent à la police des les escorter jusqu’à leur résidence en sortant de cours à 22h alors qu’au début je trouvais ça excessif.

Bref tout ça pour dire que je suis beaucoup plus à l’aise en France ou ailleurs, là où je sais que les armes ne se baladent pas en toute liberté et où la violence me semble – encore – un ton en dessous.

mardi 17 avril 2007

Transport amoureux

Gare Austerlitz, mercredi 04/04, 17h40. Tu venais, j’attendais. J’ai baissé les yeux, qui es-tu ?

Dimanche 8/04, métro ligne 2, vers 16h. Vous, imper vert très vert sur polo croco rouge, jean noir, lunettes monture bleue. Stop station Pigalle. Sous le choc de votre double. Sous le choc tout court. xxx@orange.fr

Lundi de Pâques, train Clermont-Paris, arrêt technique en rase campagne, votre regard a longuement caressé mes jambes et s’est glissé dans mon décolleté. J’ai adoré votre regard tout comme j’adorerais que vous me contactiez. xxx@libertysurf.fr

S’il y a une rubrique que je ne manque jamais dans Libé, c’est bien celle qui porte ce titre simple et malgré tout étrange à première vue, au cœur de la page « petites annonces ».
Il m’arrive bien de temps à autres quand je lis un journal de jeter un coup d’œil au carnet, ne serait ce que pour comparer les différentes formulations – des plus simples aux plus ampoulées – que l’on peut y lire, mais tout cela est bien fade à côté du ton romantico-désuet propre aux messages de ce transport amoureux.
A l’heure ou les messageries et autres réseaux de rencontres permettent - promettent de trouver l’âme sœur ou juste celle d’un soir de manière directe et explicite, ces messages d’un autre genre, à mi-chemin entre douce naïveté et désarmante sincérité, tranchent par leur singularité. Il est vrai que je suis presque admiratif de ces personnes qui, prêtes à tout pour retrouver l’être qui a croisé (involontairement ?) leur regard dans des lieux aussi banals qu’une rame de bus ou de métro, vont jusqu’à publier un message dans leur quotidien afin de prolonger ces instant furtif. Comme si tout le monde lisait Libé, et particulièrement ses petites annonces. Mais il paraît que l’espoir fait vivre alors chut…laissons les rêver à cette personne qui hante probablement leurs esprits.
Et puis il est toujours touchant de voir le souvenir de cette pseudo-rencontre se résumer à un détail, un geste, un ressenti, parfois cocasse, parfois terriblement banal, au point que n’importe qui ou presque pourrait prendre l’annonce pour lui.
Pourtant, n’ai-je pas moi aussi croisé ou soutenu des regards là dans un métro, là dans un train, là dans un avion, que j’aurais sans doute aimé poursuivre, approfondir ?
Certains griffonnent un message ou un numéro de téléphone sur un bout de papier, d’autres tentent d’engager une conversation, et puis ceux qui n’ont pas osé ou ont réalisé trop tard l’importance de cette apparition tentent de courir après l’occasion manquée, via Libé. So charming.

lundi 16 avril 2007

Une page se tourne

En 10 jours, une page s’est refermée, une nouvelle s’est ouverte. Ce n’est ni la première ni la dernière fois que cela m’arrive mais généralement ces changements de direction, certes d’intensités différentes selon les cas, sont planifiés, anticipés et préparés longtemps à l’avance. Cette fois, le tempo accéléré et quelque peu soudain de ce changement en aura probablement exacerbé le ressenti.
Aussi la fin de semaine a été intense; les préparatifs hâtés, le départ, un peu précipité, et malgré la joie de partir vers d’autres horizons, ces questions, ces doutes qui vous assaillent, vous travaillent. Vendredi aura levé une partie du mystère en attendant le D-day, demain ; mais les informations obtenues ont plutôt été sources de déception et de frustration, gâchant presque le plaisir de cette nouvelle aventure avant même qu’elle ne débute effectivement. Sans doute aussi le résultat d’une certaine tension accumulée en 48h sous le coup de petits soucis purement pratiques qui menaçaient une mécanique à priori huilée; un rendez vous imprévu à honorer, un itinéraire à modifier, un départ à avancer, une grève à éviter, un avion qui aurait du être manqué. Et, dans cet emploi du temps incertain et mouvant, un rendez-vous familial quasi-obligé, qui en temps normal aurait été bienvenu mais là tombait un peu comme un cheveu sur la soupe.
Et pourtant, ce week end, perçu comme une source de contraintes il y a quelques jours encore, aura été une parenthèse agréable et sans doute nécessaire pour relâcher la tension avant le début effectif de cette nouvelle page. L’occasion d’une dernière grande respiration et le meilleur moyen de penser à autre chose. Finalement, seules les 72h d’abstinence forcée d’Internet auront été difficiles à supporter.

Et ce soir on y est.
Quand je suis arrivé à l’aéroport, quand j’ai pris le métro, la perception était déjà différente. Cette fois, plus question de passage d’éclair, le temps d’une visite touristique ou d’un rendez vous. Non, cette fois, je suis là pour plusieurs mois, le temps d’une expérience professionnelle mais aussi de nombreuses autres expériences.
Sans surprise, la nuit va être courte car en pareilles circonstances le sommeil risque d’être difficile à trouver. Non pas tellement pour cause d’excitation mais plutôt par appréhension pour cette journée forcément un peu spéciale puisque c’est la première. Nouveau milieu, nouveau job, nouvelles têtes, nouvelles habitudes. Aussi forcément ça cogite ; sur des détails, des aspects pratiques, tout comme sur des problèmes plus essentiels.

Dans ma tête, l’horizon est un peu à l’image de ce ciel observé tout à l’heure à travers le hublot, comme un écho qui m’aurait été adressé: un ciel bleu azur, source de plénitude et de rayonnement comme cette nouvelle aventure, tant attendue et qui sera forcément belle sur de nombreux aspects, et puis ces quelques nuages, de la forme laiteuse et légère à la masse compacte et envahissante qui se dresse tel un obstacle dans ce paysage, qui pourraient constituer autant d’allégories de ce flou auquel je fais face comme des ces éléments à problèmes déjà identifiés et avec lesquels il faudra composer.

Demain soir, dans quelques jours, semaines, les questions seront sans doute moins nombreuses ; espérons qu’il en sera de même pour les doutes.

jeudi 12 avril 2007

Cerise(s) sur le gâteau

Euphorie pré-parisienne (suite) :

Paris,
ses musées,
ses monuments,
...
...
...
mais aussi
son Parc Astérix,
son pavillon Baltard et son live de la Nouvelle Star,
...

ROooh, je le sens bien !!

Mauvais esprit

L' affiche d'Arlette en 1974














L'affiche d'Arlette en 2007














Arlette invente la machine à rajeunir. Ou alors c'est que ça conserve de bosser au Crédit Lyonnais.

mercredi 11 avril 2007

Knut-mania

[Ou de l’art du défaut de poster sur n’importe quoi]

Il a un nom à coucher dehors mais ça ne l’empêche pas d’être mimi tout plein. Oulàaa, j’en deviens cucu moi…

Si vous ne savez pas (encore) qui est Knut, c’est ce bébé ours blanc né il y a 4 mois au zoo de Berlin et qui depuis quelques semaines fait la une des médias allemands et bien au-delà.
Knut est devenu célèbre quand, abandonné par sa maman à sa naissance, les défenseurs des animaux ont alors demandé qu’il soit euthanasié plutôt que d’être élevé par des humains. Un tourbillon s’est alors emparée de la presse germanique pour réclamer qu’on lui laisse la vie sauve (bon, pendant ce temps il y a des millions de personnes en détresse au Darfour et c’est tout juste si elles ont droit à quelques lignes…).
Face à la mobilisation de la vox populi, Knut a eu la vie sauve et s’est vu nanti de soigneurs en guise de maman ours. Et force est de reconnaître qu’il est fondant quand il les suit ou joue avec eux comme il le ferait avec sa génitrice.

Depuis c’est la folie. Knut par-ci, Knut par-là, jusqu’à la couverture de Vanity Fair Allemagne qu’il partage avec…Leonardo Di Caprio (c’était pas la peine de s’emmerder à faire Titanic pour en arriver là !). Knut est même devenu une marque déposée et a déjà droit à sa chanson et toutes sortes de produits dérivés, de bon goût il va sans dire.
Tandis que la semaine dernière l’action du zoo de Berlin doublait de valeur, ce week end on a compté pas moins de 125 000 visiteurs venus admirer la petite boule de poils. Et lors du sommet célébrant les 50 ans du traités de Rome il y a quelques jours, Romano Prodi a pris sur son emploi du temps de Premier Ministre italien pour aller à son tour admirer la bête (Non mais vous imaginez Chirac écourter ses rendez vous pour aller rendre visite à un lionceau ou un bébé singe ?...Euh…en fait, il le fait déjà plus ou moins au Salon de l’Agriculture…).

Bon, afin d’éviter de me retrouver acquéreur d’un billet d’avion pour Berlin, je crois que je vais aller consulter un psy; il va bien me trouver quelques éléments enfouis au fond de mon subconscient pour expliquer ce soudain attendrissement devant un bébé ours…euh, à y réfléchir, j’ai peut être une ou deux idées…

- mode 30 millions d’amis off -